Non. Stop. Pitié. Arrête de parler. Arrête toi. T’es là, tu sais que je souffre. Ça t’fais mouiller je crois bien.
J’allais mieux, enfin je croyais. Mais non, en fait j’étais juste en train de marcher dans un long corridor. Avec plein de portes. Et temps que je ne choisi pas d’en ouvrir une, tout reste possible. Temps que toutes les portes sont fermées, je n’ai rien choisi. Je crois qu’en fait toutes ces portes ce ressemblent. Et comment je fais pour sortir de là? Je tourne en rond, c’est un cercle fermé. Attend! Chut. Écoute là! Derrière celle-ci, la porte en bois, lourde, pâle. Elle devait être belle avant, c’est le temps qui l’a bousillée.
Tiens, quand je colle mon oreille j’entends mieux. Je sens que le bois respire, il bat, il réagit .Il m’appelle. Attend, ça me déconcentre. C’est pas ça que j’entendais. C’est juste une façade. Silence! Tiens, mais c’est toi. Qu’est ce que je disais. De toute beauté. Je suis sûr que si j’ouvre cette porte, j’vais me noyer. Non, c’est un piège, j’en suis persuadé. J’vais mourir si je l’ouvre.
Mon dieu c’est trop difficile. Vite un choix. Vite! C’est ta voix. T’as l’air heureuse. J’aimerai bien venir avec toi. Ça a l’air sympa. Non?
Le chant des sirène. C’est un peu l’image que j’ai de toi. C’est ça en plus. T’es jolie, aux premiers abords t’es sympa. T’es une fille parfaite. C’est dangereux de te côtoyer.
En fait, tu m’aides à grimper, jusqu’en haut de cette montagne. Avant j’en voyais même pas le pic, tu es arrivée et ça c’est dégagé. On s’est hissé jusqu’à la pointe. Et puis j’admirais la vue. J’étais heureux. Tout était trop parfait. J’me suis retourné, pour voir, si toi aussi tu étais heureuse. Et puis je t’ai vue, tu m’as glacé le sang. Tu faisais peur. Tu étais un monstre, horrible. Je sais pas si tu l’as fais exprès. Mais j’ai eu peur, j’ai eu un mouvement de recul. Et j’suis tombé. Ma chute à parue interminable. Et à travers le crevasse de ce massif, je voyais des images, de toi, de nous. Ça me faisait sourire. On aurait dit du super 8. C’était des souvenirs. C’est tout ce qui me restais. Ça te faisait rire je crois bien. Mais j’étais trop concentré pour vraiment faire attention à être à peu près indemne. C’est un peu ridicule de vouloir s’en sortir après tout. Mais j’espérais. Et pendant que je me cassais la gueule, tout devenais sombre. À la fin je percevais même plus mes mains.
J’suis pas tombé sur les pieds, ni à genoux. Non. J’me suis étalé lamentablement. Et tout ce qui me faisait prendre du plaisir avant. Toi aussi. Ça m’a filé la gerbe. C’était pas un trou, c’était pas grand choses, enfin c’est ce que je croyais. À vue de nez, en trois jours c’était réglé. Et j’ai entrepris à nouveau ce périple. Tout seul cette fois-ci. Et plus je marchais vers la montagne, plus elle reculait . Alors j’me suis assis et j’ai attendu. Tu pouvais m’apercevoir je pense depuis ta belle tour d’ivoire, ta petite perle de perfection. Avec tes cheveux là, qui volaient au vent. Tu me donnes envie de vomir. j’voulais fumer une clope, ça fait du bien, mais j’en avais plus. J’ai vraiment tout pour moi tu crois pas?
Et puis j’me suis remis en route, je m’étais un peu reposé, là ou j’étais c’était sec et mort. Ni eau, ni nourriture. J’avais pas vraiment repris mes force, mais j’me suis quand même remis en route. Et dans ma tête, je me disais “Allez, regarde moi, juste une fois, si tu me regarde j’ai encore une chance. Enfin j’espère. Allez, viens, descend aide moi. T’es quelqu’un de bien non?” j’ouvrais la bouche pour crier mais rien ne sortait Des cendres peut être. Tout été tellement sec aussi.
J’me consolais avec les images, mais attend. Elles deviennent floues ou c’est moi? Non, elles sont bien en train de disparaître. Regarde moi!
Et si on recommençait? Ça serai sympa non? Si! Allez. Les images, j’en veux encore. Des nouvelles. T’es une drogue dur. Je compte pas me sevrer. Et toi, ta vas pas me donner ma dose? Allez! Vas y! J’fais ce que tu veux, ce que tu voudra! Non? Ça te branches de me voir crever. Quoi? Amis? C’est ce que tu veux? Tu dois bien te foutre de ma gueule. Ce serai encore pire je crois. Tu sera toute près, près de moi, encore entourée de tes ours en laisse. Non! C’est pas ce que je veux et tu le sais bien. Un mois, puis deux, puis huit. C’est passé vite. Mais en même temps tellement long. La montagne est toujours aussi lointaine. Et moi j’suis toujours perdu. Alors on va continuer à se croiser, se frôler sans jamais rien se dire, ni rien échanger. Je sais pas si c’est la meilleur solution mais c’est celle que j’ai choisie. T’as l’air heureuse. C’est bien. Moi j’vais continuer à me lamenter et me plaindre, à rêver de toi. De cette tendresse. Et puis ça ira mieux. Peut être. Non? Ouais je sais. J’irai jamais mieux. Tant pis. J’vais continuer comme ça. Jusqu’à devenir invivable. Ou alors je trouverai mieux. J’y crois pas trop à ça. Rien n’est jamais mieux que toi.